Différence entre culture biologique et durable
En plus de suivre le cahier des charges qu’impose la certification Bio, La Bourrache essaye de favoriser un type d’agriculture durable. Cette différenciation étant peu courante, nous vous proposons une explication sur ces deux termes.
L’agriculture biologique.
Elle se caractérise principalement par son refus d’utiliser des produits issus de l’industrie chimique.
Pour se dire biologiques, les agriculteurs biologiques doivent respecter un cahier des charges dressé par un label. Celui-ci exclut notamment l’utilisation de pesticides de synthèse, d’engrais chimiques ainsi que d’OGM. Différentes techniques existent afin de satisfaire aux critères « bio ». Elles mettent généralement en œuvre des produits tels que les purins (ortie, consoude, prêle …), des engrais verts… Néanmoins, certains des produits acceptés en agriculture biologique, comme le pyrèthre, peuvent s’avérer néfastes pour la faune, le sol, voire pour l’humain.
Dans le cas de la Bourrache, c’est CERTISYS qui contrôle chaque année les systèmes de production mis en place.
L’agriculture durable
Elle vise à garantir la persistance de l’environnement dans lequel s’inscrit l’agriculture. Ce type d’agriculture vise donc à garantir une soutenabilité du système.
Un des premiers objectifs de ce type d’agriculture sera de minimiser l’empreinte écologique qui résulte de la production et la distribution maraîchère en limitant l’utilisation de ressources non renouvelables. Dans ce cadre, les agriculteurs peuvent utiliser la traction animale, privilégier des sources d’approvisionnement locales …
Une seconde différenciation importante entre cultures biologiques et cultures durables se situe dans la manière d’aborder les sols. Alors que l’agriculture conventionnelle (bio ou non) considère généralement le sol comme un « support » pour les minéraux et les plantes, l’agriculture durable envisage le sol comme un élément vivant dont l’activité doit être favorisée. Ainsi, ce type d’agriculteur visera à respecter cette vie en minimisant le labour et en nourrissant le sol par l’utilisation d’engrais verts, de Bois Raméal Fragmenté …
À La Bourrache
Les terrains que nous cultivons étaient labellisés bio avant que nous les exploitions. En termes de clarté et de communication, cela nous paraissait pertinent de garder cette labellisation.
Cela étant, nous voulions aller plus loin que ce cahier des charges en utilisant des techniques moins énergivores et qui permettent de respecter le sol et de l’améliorer sur le long terme.
Nous travaillons donc principalement avec la traction animale pour préparer et entretenir les cultures. Pour ce qui est de nourrir le sol, nous utilisons notre propre compost, du fumier de mouton produit localement, des engrais verts… Nous essayons de développer l’utilisation du B.R.F. (copeaux de bois) pour améliorer la structure du sol et gagner en humus sur le long terme. L’utilisation de purins est aussi une technique que nous mettons en œuvre afin de renforcer nos plantes.
Finalement, bien qu’adhérant à l’agriculture biologique, nous reconnaissons ses limites. Ce type d’agriculture amène parfois aussi à des dérives « extensives » qui n’ont pas de réelle durabilité. C’est pourquoi La Bourrache essaye, au travers de sa formation, de promouvoir une autre agriculture qui prend réellement en compte les limites de notre terre !
Traction animale
Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain des Tawes, nous avons vite fait la connaissance de Bernhard et de son cheval Marino. Il nous a d’emblée proposé d’utiliser la force de travail de Marino pour nos travaux dans les cultures. Nous avons donc commencé par utiliser divers outils anciens rassemblés sur le site par Bernhard.
À l’initiative de ce dernier, un subside de la Région Wallonne a été octroyé pour l’achat de matériel de traction animale.
Le choix s’est porté sur la Kassine, porte-outils mis au point par Jean Nolle puis amélioré par PROMMATA, association française qui mise sur une nouvelle agriculture par l’utilisation de matériel moderne à traction animale. Dès les premières utilisations de la Kassine, nous avons compris que ce choix était le bon.
La Kassine est un châssis métallique sur lequel on peut accrocher, en un tour de main, différents outils nous permettant de cultiver nos légumes. Ces outils sont issus de l’agriculture moderne et peuvent être aisément remplacés.
Outre les avantages liés à la traction animale (réduction des gaz à effet de serre, des nuisances sonores, du tassement du sol et des pannes incessantes) cet outil apporte un réel avantage économique. L’ensemble des outils a été conçu pour travailler en buttes.
Pourquoi des buttes ?
L’intérêt de cultiver sur les buttes est multiple :
D’abord, cela nous permet de préparer le sol en profondeur tout en respectant sa structure par l’utilisation de la sous-soleuse.
Cette lame, en s’enfonçant dans la terre, crée des microfissures sans retourner les couches du sol. De plus, ces fissures permettent à l’eau de s’infiltrer profondément et d’être disponible pour les plantes.
Un gain appréciable est aussi que la surface de la butte reste sèche, évitant ainsi à de nombreuses herbes indésirables de germer. Nous gagnons donc pas mal temps de désherbage, travail long et parfois pénible. L’intérieur de la butte est irrigué par capillarité grâce à l’eau infiltrée dans les sillons.
Les buttes offrent une surface plus grande au soleil qui les réchauffe et permet de gagner un peu de temps pour les premières cultures.
Pour finir, un dernier avantage est que le travail est plus écologique, de meilleure qualité, mais aussi plus rapide que celui effectué par un motoculteur.
Nous sommes donc totalement convaincus que la traction animale à sa place dans une agriculture durable et efficace. La preuve en est le nombre croissant de maraîchers professionnels qui se tournent vers elle.